Trahison azuréenne chez les quadrilatères écarlates

J’ai décidé que j’allais aussi publier des petites brèves sur ce blog, voici donc la première. En ce moment à la radio (et peut-être à la télé mais je ne l’ai pas regardée depuis un moment) passe une nouvelle pub qui m’amuse beaucoup. En France, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a trois opérateurs mobiles, pour ne pas citer de marque appelons-les Rouge, Bleu et Carré. Ces trois opérateurs s’entendent depuis des années pour nous le mettre bien profond, si vous me passez l’expression. Ils s’arrangent pour proposer les mêmes tarifs mais sur des offres légèrement différentes de telle façon que la comparaison soit impossible pour le consommateur puisque les options ne sont jamais tout à fait les mêmes. Ainsi, ils échappent à la concurrence pure et dure et se mettent d’accord à peu près sur les prix pratiqués, cela fait des années que ça dure et même si ça s’est amélioré grâce aux associations de consommateurs (pensez qu’avant vous payiez un franc par texto), ce n’est pas encore la joie.

Récemment, le gouvernement à décidé d’augmenter la TVA qui était à 5,5% sur une partie des forfaits et de la passer à 19,6%.  Le soir même, trois silhouettes sombres sortaient des bureaux de Rouge, Bleu et Carré. Elles se sont glissées dans la nuit noire afin que les passants ne remarque rien de plus qu’un courant d’air. Elles se sont rejointes dans un bâtiment désafecté. Elles ont dû donner leur mot de passe (le beurre salé c’est pas pour les mauviettes) à l’entrée. Elles ont conversé à voix basse, toujours par code, sans jamais se regarder et en prenant bien garde de ne pas montrer leur visage. Puis elles sont parties comme elles étaient venues, et elles ont disparu dans la nuit. Le lendemain, dans les hautes sphères des trois opérateurs, on décidait de répercuter la hausse de la TVA sur les prix, en désignant le gouvernement comme responsable et de l’annoncer au client comme inévitable pour ne pas perdre de l’argent.

Seulement, Bleu, qui est plus malin que tout le monde, s’est dit : « Hmm, et si moi j’augmentais pas mes prix en fait, les deux autres vont les augmenter, du coup leurs clients pourront résilier et venir chez moi, cooool ». Eh Bim ! Au premier janvier, pub de Bleu : « Le prix de votre forfait augmente sans votre accord ? Vous n’êtes plus liés par votre engagement, venez chez nous, on prend en charge l’augmentation de la TVA ».

Catastrophe, chez Carré et Rouge on s’écrie « Carabistouille, Bleu nous a trahi, c’est un malotru !!! » et on réfléchit. On réfléchit fort. Moi qui suis chez Rouge je réfléchis aussi, mon abonnement de 45€ va augmenter de 5€ ce qui n’est pas négligeable, alors je m’interroge. Mais en même temps changer d’opérateur c’est relou, il faut faire plein de démarches avant 17h et moi je bosse, donc je laisse plus ou moins tomber l’idée.

Quelques jours plus tard, à la radio, pub de Rouge sous forme de dialogue entre une cliente et un employé de Rouge :
 » – Vous savez l’augmentation due à la TVA ?
– Oui ça a l’air compliqué je n’ai pas tout compris (notons que la cliente est un peu cruche)
– Finalement, rien ne va changer nous avons écouté nos clients et nous prenons l’augmentation en charge
– Ah vous ne dites donc pas non à la TVA mais oui à vos clients !
– Exactement, c’est ça le relation clients. »

HaHaHaHaHA, pub que l’on pourrait traduire par : « Putain, on s’est fait enculer par Bleu à sec là, on a trop rater notre marketing c’est catastrophique, on va perdre la face en annonçant qu’on va prendre la TVA à notre charge alors qu’on avait fait genre on pouvait pas car nos marges étaient trop serrées, mais c’est pas grave on y va on n’a pas le choix ». Il va sans dire que Carré a suivi (de toutes façons Rouge et Carré l’ont annoncé au même moment). Et voilà comment grâce à Bleu on se fait un peu moins avoir par nos chers opérateurs. Au moins une bonne nouvelle ce mois-ci…

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On a trouvé mieux que le soleil !

Kamel Ouali a encore sévit, et ça rime en plus. Il a décidé de réaliser une nouvelle comédie musicale, et comme vous vous y attendez ça va être un petit cataclysme, ça va bien sûr pousser au suicide tout un tas de gens. Souvenez en 2009 de cette inexplicable monter de suicides chez les inconditionnels de Mozart. Car, ne l’oublions pas, la comédie musicale française est une des premières causes de mortalité dans notre beau pays, et lors d’une réalisation de Kamel Ouali, on peut atteindre des pics de 180 par jours ! Comme d’habitude, on retrouve tous les clichés actuellement en vogue, car la comédie musicale française se nourrit de clichés et dépérit dés que l’originalité pointe son nez. C’est un peu comme les vampires et le sang ou la lumière du jour, même combat.

D’ailleurs puisqu’on parle de ça, je vous annonce solennellement si vous ne le savez pas encore, que le prochain sujet à être impitoyablement massacré à coup de tronçonneuse par des danseuses en tutu et des chanteurs emmeringués sera : les vampires. Oui, car comme c’est « à la mode » (si les vampires ça peut être à la mode, c’est vrai), et qu’on peut donc vendre n’importe quoi actuellement tant qu’il y a un vampire dedans, la nouvelle Ouali international production s’appelle : « Dracula ». Sobrement « Dracula », et comme c’était trop sobre et pas assez kikinou, ni intrigant trop de suspens oulala, les producteurs ont décidé qu’il serait de bon ton de rajouter un sous-titre. Le sous-titre à la base ce n’est pas une mauvaise idée, ça permet d’avoir un titre fort, accrocheur, et un sous-titre qui vient expliciter le sujet. On obtient ainsi un double effet sur le lecteur : l’accroche et le message clair, ce qui est un peu la base de la communication et de la pub. Mais comme tout, un sous-titre il faut que ce soit bien fait, or donc nos amis producteurs ont très fortement réfléchit tout plein et ils ont pondu : « l’amour plus fort que la mort ».

Notez l'affiche, peut être qu'on va parler d'amour, ou alors y a une fleuriste dans l'histoire

Personnellement je pense que ce sous-titre, ils n’avaient pas assez d’argent pour payer des gens à le trouver. Le titre non plus d’ailleurs, mais pour le titre ils se sont dit, c’est bon on met juste Dracula, tout le monde connaît ça fait simple c’est novateur, on va vers un renouveau dans la simplicité et les valeurs rassurantes, Dracula, c’est bon, c’est court, c’est un vieux classique, c’est une valeur sûre. En revanche pour le sous-titre ils étaient plus embêtés parce que forcément, il fallait quelque chose de plus long, c’est plus compliqué. Personnellement j’ai été très touchée par le film 99f tiré du livre éponyme de Beigbeder, et tout particulièrement par la scène où les deux protagonistes présentent leur pub plutôt amusante au PDG d’une grande marque de yaourt. Une fois le pitch présenté, le PDG du groupe pour qui il bosse leur répond que c’est de la merde, que les blagues pour leur potes cultivés ce n’est pas ça qui intéresse la ménagère. Et là, il sort : « je suis allé au spectacle de danse de ma fille, et bah j’ai décollé ». Donc il leur conseille de tirer plutôt l’inspiration de ça, d’en tirer de la légèreté, du rêve tout ça quoi. Je pense qu’il s’est passé la même chose dans notre cas, le producteur de « Dracula »a du demander à sa fille de 13 ans qui sortait d’une séance de Twilight : « qu’est-ce qui t’intéresse dans ce film ? » (Question légitime après tout). Et Sarah a répondu : de toutes façons tu peux pas comprendre, t’es trop vieux t’as pas les mêmes priorités que nous les jeunes, t’es trop dans ton business : tu vois pour toi l’amour c’est pas important dans ce film ce qui est trop beau, c’est qu’on voit que d’abord l’amour c’est plus fort que la mort.

Tadaa, et un sous-titre un, du moins je ne vois pas d’autre explication. Bon une fois le thème, le titre et le sous-titre trouvés ça va tout seul, le reste c’est de la gnognotte. Le scénario, ben comme d’habitude y en a n’a pas, y a une vague trame tiré de l’histoire originale (oui parce que la comédie musicale française ne crée jamais une histoire à elle, elle réutilise toujours quelque chose qui existait avant). Donc comme d’habitude : un garçon tombe amoureux d’une fille, qui tombe aussi amoureuse, mais leur amour est impossible à cause de leur classe sociale / d’un mariage arrangé / de leur nature / insérer une raison quelconque ici, alors il s’aime en secret, mais finalement ça marche pas et ils se séparent. Et tout un tas de rebondissements inintéressants et vides plus tard, ils se retrouvent, Happy End. Ensuite il faut introduire : un méchant (qui les empêche de s’aimer ou qui veut tuer l’un des deux), un compagnon du héros rigolo qui fera la touche comique, et probablement un second rôle féminin qui soutient l’héroïne mais qui ne sert à rien. Ca, c’est la base, on secoue un peu et on obtient :

Louis XIV ne peut pas régner car il est trop jeune et le cardinal Mazarin l’en empêche, alors pour prouver sa valeur et contre l’avis de son amoureuse il part à la guerre où il est blessé et manque mourir. Finalement il survit, revient et tente d’épouser Marie son amoureuse qui ne l’a pas oublié, mais ce n’est pas possible car elle n’est pas de haute naissance. Finalement, Mazarin meurt, Louis devient roi, il fait n’importe quoi (guerre, masque de fer, frasques, enfant, Montespan), et il revient à la raison en tombant amoureux de la gouvernante de ses enfants (oui c’est n’importe quoi), qu’il réussit à épouser envers et contre tout. Celle-là c’est un peu deux comédie en une, la première avec une fin triste, l’autre avec une fin joyeuse, mais bon c’est pareil. On re-secoue un peu : Mozart est un homme dont la musique est incomprise par son employeur, il part donc à travers l’Europe présenté sa musique où il est rejeté, et réintègre sa vie morne à Salzbourg. Mais l’ancienne souveraine d’Autriche meurt, il part donc à Vienne où le nouveau souverain apprécie sa musique et où il peut enfin vivre. Une comédie musicale classique s’arrêterait là, l’amour de Mozart étant joué par la musique vous l’aurez compris, mais les scénaristes n’ont pas pu oublier que Mozart était mort dans la misère oublié de tous, ce qui leur donne l’occasion de faire la version tragique de la comédie musicale avec une fin triste mais belle.

Voilà, donc pour Dracula je vous prédis le même genre de pitch je pense que vous aurez compris comment cela fonctionne, il va tomber amoureux d’une humaine, mais oh zut, justement elle est humaine, lui non ce n’est pas possible, pour le méchant je vous prédis Van Helsing qui est déjà le méchant existant, et les autres personnages secondaires on s’en fout un peu. Voilà. Les décors et les costumes, ben c’est pareil on recycle, ça va être sensiblement les même que ceux de Mozart l’opéra rock : on prend le pire du kitsch, le pire du baroque et on secoue. Bon dans le cas présent on secoue avec du noir et du rouge alors que pour Mozart on secouait avec du noir, du rouge et du vert mais bon. Les décors : c’est grandiose mais ça sert à rien, quelques chorégraphies avec trente danseurs pour impressionner, un ou deux medley parce que sinon c’est pas un vrai musical, et hop emballez c’est pesé.

Admirez la troupe de Dracula, ah non c'est celle de Mozart, je ne sais plus...

Il ne reste plus que la musique et les paroles. Et là, l’avantage c’est qu’il y a déjà une chanson de sortie, comme ça in peut voire à quoi ça va ressembler. Elle a été composée par la chanteuse de Superbus dans un style pop rock et la plus pure tradition « mélasse qui plait à tout le monde ». Je vous laisse aller l’écouter sur youtube ou autre, je ne vous parlerai que des paroles. Elles ont été écrite selon la tradition française ne sont donc pas écrite en français. Voici le premier couplet :

Moi je ne suis pas farouche
Mais j’embrasse pas sur la bouche
Je préfère qu’on me saigne
Plutôt que de dire je t’aime
Je ne connais pas l’idylle
Mais en un battement de cils
Je commence à m’y faire
Je commence à vous plaire

Donc, c’est chanté par l’amoureuse de Dracula de ce que j’ai pu comprendre. Elle commence par nous dire qu’elle aime bien sortir avec des garçons et que c’est une petite coquine mais, comme c’est pour grand public, c’est pas une pute quand même (elle embrasse pas sur la bouche attention). Ensuite elle nous sort un cliché pour nous dire qu’elle ne s’attache pas qu’elle est un peu volage, moi je pense plutôt que vu sa tête elle a du mal à trouver plus qu’un coup d’un soir mais bon, c’est personnel. Quant au 4 derniers vers je ne sais pas trop, elle ne connaît pas l’idylle bon ça c’est pour qu’on comprenne bien qu’elle est libre pour le héros, mais alors la suite n’est pas très claire, je pense qu’ils ont voulu dire que si elle était seule c’est parce qu’elle est un laideron puisqu’elle est charmeuse (elle commence à nous plaire), mais parce qu’elle l’a choisi (je commence à m’y faire), parce qu’elle ne trouve pas de mec bien. Toute la problématique de la femme moderne est donc résumée dans ce couplet : quand on est une jolie femme, la priorité est de trouver un homme sur lequel on peut compter et ce n’est pas facile. Attention, refrain :

Un deux trois
Oui, c’est à toi mais
laissez Lucie faire
Elle a besoin de plaire
Un deux trois
Non, c’est pas toi mais
Dans les mains des experts
Je vais me laisser faire

Ca commence très fort, il y a quelqu’un qui a osé réutiliser « un, deux, trois » autrement qu’avant « nous irons au bois ». On sent le risque artistique et la volonté novatrice tout de suite, d’autant qu’on ne voit pas pourquoi cette jeune fille se mettrait à compter à part pour montrer qu’elle n’est pas si bête qu’elle en a l’air mais passons. Ensuite, j’avoue que je suis un peu perdue, à part le jeu de mot Lucie faire/Lucifer digne d’un enfant de trois ans, je ne comprends rien. A qui parle-t-elle déjà : Dracula, un autre petit ami, le public ? Mystère, admettons que ce soit Dracula ça parait plus plausible d’après le clip (je vous le conseille fortement si vous êtes dépressif, sauf si vous êtes aussi fan d’Anne Rice). Donc, si elle parle à Dracula, je comprends qu’elle annonce que maintenant elle va le draguer, mais qu’en fait non c’est pas lui et qu’entre les mains des experts elle va se laisser faire. Aucune idée de ce que veut dire la fin de ce refrain, si quelqu’un à une idée, je veux bien de l’aide, d’autant que le refrain passe au moins sept fois dans la chanson, qui passe elle-même au moins trois fois par jour sur Virgin radio que j’écoute le soir et le matin donc ça commence à me courir cette histoire…

1, 2, 3 cache-toi Dracula ! Hihihi

Deuxième et dernier couplet (oui ils ne se sont pas foulés) :

 

Moi je suis libre comme l’air
On me désire, je me sers
Le choix est bien difficile
Entre ces garçons faciles
Je vis sans état d’âme
Et les dames m’envient
J’abuse de tous mes charmes
Et je désobéis

Bon en fait, là elle avoue que c’est bien une grosse pute qui pèchent avec tous les hommes qui passent, et qu’il serait temps qu’un homme la remette dans le droit chemin. Du coup je ne vois pas trop l’intérêt du premier couplet mais bon, je ne cherche plus de logique à cette chanson. Quant à l’aspect purement musical : je pense qu’ils ont choisi la chanteuse pour sa tête et son cachet (elle ne devait pas coûter trop cher), puis ils se sont rendus compte qu’elle chantait mal, donc ils n’ont mis que trois notes dans sa chanson. Sur ce je vous laisse, je suis sûre que vous avez tout un tas de choses importantes à faire comme aller visiter le site du spectacle ou le blog officiel, à bientôt mes vampirounets !

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Cumulo nimbus et nostalgie

Bon ça fait longtemps que je n’ai pas fait de critique de livre vous avez remarqué ? C’est parce que je n’avais pas lu de livre remarquable, du moins ils ne m’avaient pas marqué. Donc si vous voulez des livres qui ne m’ont pas marquée (ça donne envie de les lire hein ?) j’ai lu : mort aux cons de Carl Aderhold, que j’ai trouvé répétitif et chiant malgré une bonne idée de départ. Et j’ai aussi lu quai des ombres de Dominique Lecomte, qui est un livre très instructif, rédigé par la femme qui a longtemps été médecin chef de l’institut médicaux légal de Paris. C’est un milieu très intéressant mais j’ai trouvé le livre pas très bien écrit, je trouve que ça manque de cohérence et surtout que parfois elle ne va pas jusqu’au bout des choses ; elle commence une idée et puis finalement il n’y a pas de conclusion et on reste un peu sur notre faim. Bref donc, fini les livres bof, récemment j’ai lu ça :

Voilà, chez eux il y a quelqu'un qui sait choisir une couleur !

Nagasaki d’Eric Faye. C’est aussi le prix de l’académie française (si vous aussi vous trouvez qu’il y a trop de prix littéraires dans ce pays, levez la main). Avant toute chose, je préviens, je trouve que ce livre ressemble plus à une longue nouvelle qu’à un roman. Tout d’abord parce qu’il est effectivement court (j’ai mis une heure à le lire), mais aussi dans son contenu, il a le schéma type d’une nouvelle et met en scène très peu de personnages, finalement seuls les deux principaux sont d’ailleurs développés. Pour vous situer je vais quand même vous raconter un brin l’histoire. Nous sommes donc à Nagasaki, à notre époque, la bombe nucléaire n’a donc aucun rapport avec ce roman, tout juste est-elle mentionnée. Le livre commence dans la vie de monsieur Shimura. Monsieur Shimura est météorologue, il vit dans une petite maison coquette, dans un quartier tranquille, avec une vue imprenable sur Nagasaki. Tout va bien dans sa vie, qu’il passe seul et de façon répétitive, sans aucune perturbation, il ne va même pas boire un verre avec ses collègues de temps en temps. Il entend d’ailleurs terminer sa vie de la même manière paisible.

Mais, nous prenons l’histoire au moment où monsieur Shimura est perturbé. Cela fait maintenant quelques semaines qu’il a l’impression que quelqu’un visite son appartement pendant son absence. Ce n’était qu’une impression au tout début, due à la disparition de yaourt ou autre. Alors, il se met à poser des pièges, il mesure la hauteur de jus de fruit en partant et en revenant, il compte le nombre de yaourts… Et il se décide finalement à poser une caméra chez lui qu’il surveille de son travail. Soulager il va enfin pouvoir en avoir le cœur net. Je vous laisse lire le livre, je n’en dirais pas plus de l’histoire car ce serait tout de même un peu gâché même si l’histoire n’est pas très haletante comme peut l’être celle d’un policier.

L’histoire est tirée d’un fait divers réel, et c’est important. D’abord parce que cela présente les choses sous un angle différent. Si on lisait ce roman sans le savoir, je pense qu’en refermant le livre on se dirait surtout : mouais, c’est quand même un peu tirer par les cheveux. Et j’ai tendance à pas trop trop apprécier les histoires tirées par les cheveux. Deuxièmement, l’auteur précise au tout début du roman qu’il est parti d’un fait divers réel et ça je trouve que c’est ce qu’il y a de plus intéressant car a change totalement l’esprit dans lequel on lit ce livre. En annonçant dés l’entrée qu’il n’a rien inventée, c’est comme s’il nous soufflait : « ne vous attardez pas sur l’histoire ce n’est pas ça que je veux vous dire ». Et effectivement on lit le livre différemment, on le lit déjà un peu comme un exercice de style : celui où l’on a pris quelque chose au hasard et où on l’a développé (même si je doute que l’auteur ait choisi au hasard). Et j’aime beaucoup ça.

D’aucun dise, franchement publier un exercice de style c’est un peu facile et réducteur. Personnellement je ne trouve pas, au contraire, je trouve ça intéressant de voir l’auteur se servir d’un exercice de style, de quelque chose qui n’est par définition pas destiné à être publié, pour en faire un livre, une nouvelle, un vrai travail d’écriture qui mérite sa place dans une bibliothèque. Ce n’est pas évident car il faut réussi à élever l’exercice au rand d’œuvre et ça demande forcément un approfondissement du sujet, et un rendu plus étoffé. De ce point de vue là, je trouve que c’est très réussi. Puisque l’histoire est un prétexte, on va effectivement beaucoup plus s’attacher aux descriptions et à la construction de la psychologie des personnages. Et ça je dois dire, chapeau bas, c’est très réussi. J’ai adoré ! Il n’y a que deux personnages principaux je l’ai déjà dit, et en plus, pendant la première moitié du livre (peut-être un peu plus) on va suivre Shimura-san, on va l’accompagner, progressivement on va entrer dans sa vie un peu comme l’inconnue qui erre chez lui. On va même angoisser avec lui. Et lorsqu’enfin, lui-même aura ressenti tout ce que cette histoire pouvait provoquer chez lui, lorsqu’il n’aura plus d’émotion à nous faire partager et qu’il retournera à sa vie lisse et tranquille, alors nous le quitterons. Nous le quitterons pour suivre l’autre personnage, l’inconnue, la voleuse, celle que l’on n’a fait qu’entrapercevoir depuis le début.

De la même façon on va suivre son évolution à elle, ses pérégrinations, ses interrogations, ses doutes, ses explications. On aura peur avec elle et surtout on s’interrogera avec elle jusqu’à la dernière ligne, jusqu’à ce que l’on comprenne la source de ce qu’elle ressent, jusqu’à ce qu’elle aussi parvienne au calme et à la tranquillité. Cette histoire est donc avant tout une très belle rencontre, même si elle est manquée, qu’Eric Faye nous fait vivre avec ses personnages. Cela fait beaucoup réfléchir, au-delà de l’histoire en elle-même, sur notre société, et sur ce qui provoquent les rencontres et modèlent notre vie. Sur ce côté effrayant, qui dirige en grande partie nos vies, la chance pour certains, la croyance pour d’autres, la superstition pour quelques uns : le hasard. Car au final, quelle est la chance que vous ayez rencontré votre meilleur ami, votre mari, votre femme, votre pire ennemi ? Toute ces rencontres sont provoquées par un si grand nombre de choix qu’elles sont imprévisibles. C’est aussi ça que propose ce livre : une réflexion sur ce que serait notre vie sans toutes ces petites surprises ou erreurs : pour avoir la chance qu’il nous arrive quelque chose de bien, il faut accepter qu’il puisse nous arriver quelque chose de moins bien.

J’ai beaucoup aimé ce livre comme je l’ai déjà dit, le seul reproche que je lui ferai (encore), c’est d’être un peu court. J’aurais aimé, peut être pas que l’histoire en elle-même soit plus longue, je la trouve bien proportionnée comme ça, mais peut être qu’il y a aient quelques autres textes avec. Je pense que la diversité, aurait apporté un plus, peut être d’autres angles de réflexion, avec le plaisir de pouvoir lire un peu plus longtemps et d’être rassasié. Finalement un bon livre je trouve que c’est un peu comme un bon repas, la qualité c’est ce qu’il y a de plus important, mais s’il n’y a pas la quantité on restera toujours un peu frustré…

PS : Je sais cet article est un peu court, mais c’est dans le thème…

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Aujourd’hui, il ne s’est rien passé

  Il y a quelques jours de cela, sur la France et particulièrement dans le nord, il a neigé. Je ne sais pas si vous êtes au courant, donc je vous le dit, au cas où vous auriez raté les 30 285 éditions spéciales neige, les 8 841 minutes consacrées au sujet au journal télé et les 268 bulletins de Météo France. Car, comme tous les ans, il a neigé et les médias s’en sont aperçus. Cornegidouilles, on a failli être tranquilles. Alors certes, vous me direz, il est important d’être informés sur ce sujet. Sinon vous pouvez vous retrouver comme moi, bloqué sur la route, et mettre quatre heures à faire 15 km. J’en conviens, cependant : est-ce vraiment la peine de nous tenir la jambe pendant 15 jours. Doit-on vraiment endurer les 15 minutes quotidiennes où madame Pichu déneige le devant de sa porte ? Où monsieur Dupont dit qu’il a du prendre les transports parce que ce n’est pas possible de rouler ? Où Caroline, 5 ans, et Germain, 6 ans, nous confie que eux la neige ils en sont bien contents parce que comme ça ils ne vont pas à l’école. Moi je dis que non.Qu’est-ce que c’est que ce journal TV. Ca s’appelle journal me dites vous ? Remarquez depuis quelques années, enfin c’est peut être vrai depuis plus longtemps mais avant je n’étais pas assez grande pour m’en rendre compte, j’ai remarqué qu’à certaines périodes il pourrait y avoir un cataclysme, une déclaration de guerre ou des martiens qui débarquent ou même Brice Hortefeux qui se retire dans un ashram, on en entendrait pas parler. Les périodes de neige en font partie, ça passe devant absolument n’importe quelle autre info. Y a aussi, le nouvel an, Noël, les vacances d’été, les phénomènes météorologiques remarquables, les vacances d’hiver avec le ski, les soldes… De toutes façons, même en temps normal le journal TV est tout sauf un journal, il est là pour tout sauf pour informer. A la limite il vous tient au courant des principaux évènements dans le monde et encore. Ca dépend ce que l’on entend par principaux évènement, évidemment si la chute d’une grue à pétaouchnok les oies ou le mariage de Britney Strokes et Jeremy Bieber vous intéresse, je ne peux plus rien pour vous. Le pire restant le 13h, qui est une espèce de mix entre les rubriques de chiens écrasés et les émissions pour se donner bonne conscience sur la nutrition, l’environnement, l’entraide et autre. Tout cela ne procure au spectateur qu’une impression d’appartenir vaguement à un pays et d’être citoyen du monde en même temps, ce n’est donc pas d’un caractère très informatif.

Je pense qu’il y a deux raisons principales au fait que, soyons honnêtes, le journal TV ne sert à rien. Premièrement : sa durée, personne ne peut faire passer une information correctement avec un reportage vidéo de 3 minutes, ce n’est pas suffisant. Le temps d’introduire le sujet, d’expliquer les faits il est déjà le temps de conclure. A cela il n’y a pas beaucoup de solutions, je ne pense pas que l’on puisse vraiment faire un journal plus long, et je ne vois pas de solution à part révolutionner totalement le format de ce programme. La deuxième raison est, je pense, le fait que les rédacteurs des journaux et programmes TV sont persuadés que leur public est un ramassis d’éléphants de mer ataviques, avec le QI moyen d’une huître. Et ça, c’est le problème majeur de la télévision en général. Prenez une émission banale, genre capital ou l’amour est dans le pré ou n’importe quel autre truc diffusé en prime time et qui n’est pas une série et qui n’a pas la prétention de culturer son audimat. Vous remarquerez que, le « journaliste » (je ne sais pas s’il est juste d’appeler le commentateur de « l’amour est dans le pré » un « journaliste » ça me paraît un peu pompeux), eh bien il va se faire un devoir de tout vous expliquer. Mais alors bien hein, parce qu’il est consciencieux ! Au moindre sous-entendu d’un intervenant il va lui demander : « c’est-à-dire ? ». Prenons un exemple, Jean-Marie, candidat de « l’amour est dans le pré » est en train de nous raconter que son ex femme Maryvonne est partie du jour au lendemain il y a cinq ans :

« - Et en rentrant chez moi ce soir là, toutes ses affaires avaient disparues, nous confesse-t-il au bord des larmes (j’aimerais connaître le budget en oignons de TF1 et M6)

– C’est-à-dire ? Notre journaliste intervient donc, car j’en vois, au fond qui n’ont pas bien saisi ce que notre agriculteur a sous-entendu.

– Ben elle était partie et elle n’a rappelé qu’une semaine après pour me demander d’aller signer les papiers du divorce chez le notaire »

Eh oui, notre commentateur a jugé utile de bien nous préciser que, si les affaires de Maryvonne avaient disparues c’est parce qu’elle était partie avec, en vue de quitter son mari. Et heureusement, parce que nous n’aurions probablement pas compris le lien sans son aide salvatrice. Le pire, c’est que j’ai une fois assisté en regardant « toute une histoire » (oui je regarde des émissions cons et je vous emmerde), à une scène particulièrement pathétique. Une dame était traumatisée par la séparation de son mari je crois, limite elle pleurait (F2 marche parfois sur les plates bandes d’M6 et Tf1 en leur chipant des oignons au passage), et elle ne voulait pas dire la phrase « nous avons divorcé » on sentait que c’était douloureux pour elle, elle préférait employer des métaphores. Eh bien, la présentatrice (puisque JLD était déjà en cure à ce moment), lui a posé trois fois la question jusqu’à ce qu’elle emploie le mot « divorcé ». Merci Sophie Davant, d’avoir brillamment fait passer notre compréhension devant la dignité de cette pauvre dame, vous en serez récompensée. Vous direz que j’exagère, que ce n’est pas si souvent, voir même vous n’avez jamais remarqué ce genre de commentaire. Faux vous répondré-je, la prochaine fois, pensez-y. Les commentateurs de M6 et TF1 sont fourbes, on ne s’aperçoit de cela que si l’on y prête attention, moi-même je me suis fait avoir pendant longtemps. Et il n’y a pas que ça d’ailleurs, lorsqu’un intervenant utilise un mot compliqué (c’est-à-dire de plus de trois syllabes, comme dextérité), alors le commentateur se fera également une joie de vous l’expliquer. Bref la télé nous prend pour des débiles. En même temps, parfois on se pose des questions, il se passe des choses hallucinantes, à la télé justement.

Il y a des gens qui deviennent des stars malgré eux. Par exemple il y a eu ce célèbre perdant de qui veut gagner des millions qui a fait la une de youtube pendant très longtemps. On lui avait posé comme question : « Autour de quel astre la terre gravite-t-elle ? » Avec comme propositions évidemment, le soleil, la lune et deux planètes du système solaire. Eh bien il ne savait pas répondre, il hésitait entre la lune et le soleil (remarquez ça aurait pu être pire il aurait pu hésiter entre vénus et jupiter). Bon du coup, il se dit, je vais demander au public. Bonne idée ! Il demande au public et moi je pestais déjà devant le petit écran : « bon sang mais pas savoir que c’est le soleil quand même »… Et bim, le public répond la lune à 43 % et le soleil à 35% ou un truc du genre. HaHa, la bonne blague. Je pense que le public s’est dit comme moi : « non mais quelle nouille celui-là je vais faire exprès de ne pas répondre la bonne réponse ». Du moins j’espère. Du coup il a perdu.

Cette anecdote me fait très peur, mais sinon y a plus banal, vous pouvez prendre n’importe quelle émission de télé réalité et ça marche. Par exemple, prenons « qui veut épouser mon fils ». Héhé, rien que de penser qu’il y a des gens qui se sont présenter au casting de cette émission ça me fait rire, je pense que c’était tous des acteurs. Donc pour ceux qui ont raté ce programme, le principe c’est une mère poule qui couve son fils trentenaire ou quarantenaire et célibataire, et ensemble, ils castent des prétendantes, les invitent chez eux et choisissent ensemble la meilleure. Pour ne raconter qu’une chose de ce programme (mais je vous conseille vivement d’aller en regarder des bouts sur youtube ou dailymotion c’est très instructif), à la fin, il ne reste qu’une fille. On remet alors une bague au fils, puis on le met en présence de sa mère et de l’heureuse élue. Tout cela dans une ambiance love-kitsch-girly à faire vomir Andy Warhol. Et là, le fils doit choisir entre sa dulcinée ou sa mère et passer une bague au doigt de la femme de son choix. Ce qui veut dire, que, s’il choisit sa mère (ce qui est arrivé hein), dont il est déjà maladivement proche puisqu’il vit encore chez elle à 35 ans etq u’elle lui repasse ses chemises, il lui passe une bague de pseudo fiançailles au doigt, ce qui ne pose de problème à personne… Je ne sais pas où est enterré Freud, mais je serais les voisins du cimetière je ne laisserais pas mes enfants sortir la nuit.

Alors forcément, si les commentateurs regardent ces émissions, je comprends qu’ils expliquent tout, ils croient avoir affaire à une bande de dégénérés et tentent d’élever le débat et c’est bien louable. Ceci dit, l’inconvénient avec ce postulat, c’est que l’on peut facilement raconter n’importe quoi et faire de la désinformation. Sur ce, je n’ai qu’une chose à dire : Piquantes ces p’tite merguez ! Non excusez-moi : lisez les journaux, c’est le dernier endroit où l’on peut trouver une information intéressante et documentée…

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Si on laissait les livres tranquilles ?

Aujourd’hui j’aimerais parler de cinéma car il s’est passé deux choses capitales dans ma vie récemment :
1 – je suis allée voir Harry Potter et les reliques de la mort, partie 1
2 – j’ai appris que Peter Jackson allait réaliser Bilbo le Hobbit en deux films
Une seule question pour les deux : qu’avons-nous fait pour mériter ça ? Personnellement, je pense que le diable a une technique bien à lui pour arriver à ses fins et gagner l’apocalypse, nous faire voir des films tellement pourris, que quand l’apocalypse arrivera on sera lobotomisé et on croira que c’est un film du coup personne ne réagira. Le problème de ces deux gais lurons (les réalisateurs, celui de HP étant David Yates) c’est que, outre leur mauvais goût prononcé au niveau décors/costumes, ils n’ont pas compris ce qu’était une adaptation.

Attention, grosse révélation (ce serait cool que Peter Jackson et David Yates lisent ça), une
adaptation :
– Ne consiste pas à prendre quelques groupes de pages d’un livre et à les transposer en film
– Consiste à prendre une œuvre et à réaliser un film à part entière selon le point de vue du
réalisateur, en proposant un angle, une révision, quelque chose en plus, d’original.
Sinon ça n’a aucun intérêt. Alors vous me direz, oui mais c’est parce qu’ils ont essayé de retranscrire fidèlement l’œuvre. Eh bien non, c’est débile comme argument, sachez-le. Si vous demandez à un artiste de faire votre portrait à partir d’une photo vous ne lui demandez pas de dessiner une photo ? Ce que vous attendez c’est un plus du dessin, de l’auteur, c’est ça qui est intéressant. Et le pas entre le livre et le film étant plus important, c’est encore plus intéressant quand l’auteur décide de faire un film et non pas la (mauvaise) copie d’un livre. La démarche est mauvaise, le résultat est donc mauvais. Bilbo n’est pas encore réalisé il n’est donc pas encore mauvais, mais il le sera, je fais confiance à Peter Jackson pour ça.

Vous noterez que j’ai bien choisi mes films : non seulement les réalisateurs sont mauvais mais une bonne partie du reste aussi. Que ce soit les acteurs d’HP, les dialogues du SDA ou les choix de costumes des deux tout est mauvais. Puisque donc c’est noël, voici mon cadeau en avance.

22h, dans la banlieue de Sydney, au fond d’une ruelle ou tout le monde dort, un chat est réveillé par un brusque éclat de lumière. Dérangé celui-ci se relève, ne note rien de particulier et décide donc d’aller terminer sa nuit dans un endroit plus tranquille. Dans les ombres d’une poubelle une voix résonne :
« – Je crois qu’on peut y aller, tu es prêt ?
– C’est bon j’ai réussi à démêler mon carquois on peut y aller »
Le couvercle d’une poubelle au fond de la ruelle s’entrouvre et deux silhouettes en surgissent. Elles s’époussettent et comme toute silhouette dans le noir elles murmurent mystérieusement : « Dépêchons nous, nous n’avons que 18 heures et 32 minutes pour accomplir notre mission ».

Au même moment, à Londres, où il est donc 13h, deux personnes apparaissent dans un flash au milieu d’une rue déserte (heureusement qu’elle est déserte hein ? Sinon on serait mal). L’une est un homme âgé avec une grande barbe l’autre a visiblement été victime d’un grave accident puisqu’il n’a plus de nez.
« – Putain, évidemment on est venu avec les apparences qu’il nous a donné !
– Oui je pense qu’on apparait tel que la plupart des gens nous imagine, donc comme dans le film. Moi ça me va pas mal, à part la robe bleu pervenche avec strass là.
– C’est facile à dire, tu ne ressemble pas à un mort-vivant toi ! Bon dépêchons nous il va falloir le trouver, ça peut prendre du temps »

A Sydney, Aragorn et Legolas erraient dans les rues depuis une heure déjà. Aucun indice quand à l’endroit où ils pourraient trouver leur cible. Et pourtant, l’enjeu est de taille, s’ils ne retrouvent pas Peter d’autres risquent d’être aussi amocher : Bilbon, Balin… De plus, leurs tenus commençaient à attirer le regard des passants et même s’ils ne sont pas nombreux pour le moment, Legolas craignait le lever du jour, car alors plus rien n’empêcherait les hordes d’ados pré pubères de se jeter sur qui elles croyaient être Orlando Bloom. Alors qu’il en était là de ses mornes réflexions, l’elfe s’aperçut brusquement que son compagnon était resté en arrière. Se retournant, il vit Aragorn en train de lire une affichette.
« – Qu’est-ce qu’il y a ?
– Lis. »

Pendant ce temps à Londres, deux silhouettes encapuchonnées mangent des cacahuètes sur un banc de Hyde Park. L’une d’elle est en train de feuilleter un journal. La deuxième s’impatiente :
« – Je ne vois pas ce que tu espères trouver là-dedans. Cela fait deux heures qu’on tourne en rond. On devrait se servir de nos pouvoirs c’est tout.
– Tu as toujours été trop impatient Tom. Je suis sûr qu’il n’y a pas de hasard et que le moyen se présentera de lui-même. Laisse opérer la magie de Noël !
– La magie de noël ? Non mais ça va pas bien Albus hein ?! C’est pas parce que tu es niais dans le bouquin que tu dois être niais dans la vraie v…
– Ah ! J’ai trouvé quelque chose, tu vois que tu es mauvaise langue.
– Sans déconner ? T’as trouvé quoi ?
– Ecoute :  » Ce soir une grande réception est donc organisée à Buckingham Palace. Comme tous les ans des proches de la reine seront présents pour fêter cette nuit de Noël pas comme les autres. En effet, cette année la reine a également tenu à inviter des représentants de la culture anglo-saxonne qui ont marqué cette année. Seront présents : le chanteur Sting, l’écrivain Adam Roberts, mais également une partie de l’équipe du film Harry Potter et les reliques de la mort. Les fans pourront donc apercevoir les trois acteurs vedettes ainsi que plusieurs autres et le réalisateur David Yates.
– Et comment on va rentrer ? On n’est pas invités je te signale ?
– Mais t’es con ou tu le fais exprès ? »

« – C’est juste à côté ça ! Allons-y Aragorn, la chance nous sourit !
– Attends Legolas ! Tu crois pas que ce serait un peu bizarre d’arriver « costumé », avec nos armes en plus ?
– Si peut-être dev..
– Excugez-moi, z’il vous blait, l’interrompit un homme passablement saoul, mon amiii euh… et moa, pn z’demandait siii… »
Legolas et Aragorn se regardèrent et assomèrent les deux hommes avant qu’ils aient pu dire un mot de plus. Ils les emmenèrent dans une impasse où ils se changèrent. Fort heureusement, ils n’avaient pas renversé d’alcool sur leurs vêtements, l’homme et l’elfe avaient donc l’air présentables.
« – Aragorn ? C’est bon là j’ai l’air bien ?
– Hmm. Oui, cache juste tes oreilles ça pourrait nous aider.
– Ah oui. Bon allons-y. »
Ils reprirent leur chemin s’arrêtant à une station de bus pour vérifier leur chemin. Aragorn avait dû abandonner son épée car trop voyante sur un costume trois pièces. Cependant il espérait qu’elle reviendrait avec quoiqu’il arrive quand le sortilège prendrait fin comme le lui avait promis Gandalf. Il avait quand même réussi à planquer sous ses vêtements deux couteaux de lancer, un poignard, une dague et même un cimeterre. Comme il aimait à le dire : il fallait voyager léger.

Albus et Tom s’approchaient du palais de la reine. Albus avait acheté des pralines à un marchand ambulant et le bruit qu’il faisait en les mangeant excédait Tom. De plus, il détestait être habillé en moldu, cela allait contre tous ses principes. Albus avait insisté en disant que les gens trouveraient louches qu’ils viennent habillés comme dans le film. Tom avait bien été obligé de le croire puisque lui-même ne connaissait pas les coutumes des moldus.
« – Dis-moi, tu as réfléchi à ce que l’on ferait pour le convaincre de stopper sa mascarade puisque tu ne veux pas que je fasse de démonstration de magie dans ce monde-ci ?
– Je ne sais pas, je pensais que tu avais une idée Tom. C’est plus ton domaine après tout. »
Tom se mit à réfléchir. Le meilleur moyen d’obliger quelqu’un à faire ou à ne pas faire quelque chose, c’était la peur, il était bien placé pour le savoir. Mais pour faire peur à quelqu’un il faut un pouvoir qu’il ne peut surpasser. Ils arrivèrent en vue de Buckingham Palace où des centaines de gens se pressaient, bouchant totalement l’entrée, ne s’écartant que pour laisser passer les voitures.
« – Et comment tu comptes rentrer Albus ?
– Je crois que l’on va rentrer comme eux,en voiture, dit-il en hélant un taxi. »
Tom fulminait, il était assis dans une voiture conduite par un moldu, ça allait trop loin. Il avait envie de lancer des sorts partout mais bien sûr Albus ne voulait pas qu’il fasse de la magie ostensib… il eût alors une brillante idée alors qu’Albus croquait dans sa 107ème praline.

« – Bon donc on arrive sur le tournage, on attend qu’il n’y ait plus personne et on va le voir comme si on était ses amis. On est d’accord ?
– Tout à fait d’accord, répondit Legolas. Mais après on fait quoi ?
– Après j’ai pris ce qu’il faut, de la belladone et de l’eratron, si tu vois ce que je veux dire.
– Non, répondit l’elfe, mais nous verrons bien. »
Les deux comparses arrivèrent bientôt sur les lieux du tournage. Ils étaient en train de filmer le passage où Smaug terrorise la ville située à proximité de son repaire.
« – Dis ils tournent déjà le deuxième ? Je n’ai pas bien compris leur stratégie, s’étonna Legolas.
– Tu sais moi, depuis que j’ai vu le Seigneur des Anneaux au cinéma la semaine dernière, je ne me pose plus de question…
– C’est vrai. »
Les deux hommes se mirent dans un coin jusqu’à ce que ça se termine. Ils aperçurent enfin Peter Jackson annoncer la fin de la journée de travail vers 1h du matin. Ils se dirigèrent alors vers lui. Aragorn attendait ce moment depuis longtemps. Depuis que la personne qui les avaient envoyés ici leur avait montré le film que Peter Jackson avait fait de leur histoire. Elle était brutalement devenue une superproduction Hollywoodienne avec guimauve à la rose et gros sabots sans morale et sans subtilité. Mais heureusement, la magie de Noël permettrait de réparer cette injustice.

Albus avait usé de son charme à l’entrée pour qu’on ne leur demande pas leur pièce d’identité. Tom n’avait pas desserré les  dents, il se contentait d’observer les alentours et de regarder Albus s’envoyer coupe de champagne sur coupe de champagne.
« – Dis tu ne crois pas que tu devrais m’aider à trouver Yates plutôt ?
– Eh bien justement je me suis renseigné, on m’a dit qu’il était au petit salon avec le baron. Je ne sais pas qui est le baron mais je sais où est le petit salon.
– Eh bien allons-y qu’attendons-nous ?
– Le champagne est bon. »
Tom soupira et tira Albus par la manche. Une fois arrivé dans le salon ils tombèrent enfin sur Yates, ce qui fut un grand soulagement pour Tom qui avait hâte de rentrer. Brusquement Yates les aperçut et se dirigea vers eux.
« – Ah, je ne pensais pas que vous viendriez mais c’est une très bonne surprise. Ralph, vous avez votre maquillage de nez ?
– Abr…
– Oui il a trouvé ça amusant, l’interrompit Albus. Pourrions nous vous parler au calme David ?
– Bien sûr. »
Les trois hommes s’éclipsèrent dans une petite salle vide. Alors que Yates se retournait, inconscient du danger, Tom leva sa baguette, un rayon vert en sorti, David tomba, et les deux hommes disparurent dans un flash comme ils étaient venus.

Alors qu’Aragorn et Legolas s’approchaient de Peter Jackson ce dernier les reconnus et les invita donc à aller boire un verre le plus naturellement du monde. Il le suivirent donc dans un petit bar presque désert à cette heure et en ce jour de l’année. Peter ne montra d’ailleurs aucune surprise par rapport au fait que les acteurs soient présents un soir de noël sur les lieux du tournage alors qu’ils avaient probablement autre chose à faire. Il ne parla que de lui et de son film. Enfin de ce qu’il essayait de faire passer pour un film. Les choix de scénario étant toujours aussi incohérent. Enfin il s’éclipsa un moment et Aragorn eut le temps de verser sa mixture dans son verre sous l’oeil interrogateur de Legolas. Peter, revint, but une gorgée, tomba sur sa table et les deux héros disparurent dans un flash.

Une fois revenu dans leur monde Albus se mit à hurler sur Tom qu’il n’avait pas été envoyés pour tuer.
« – Mais je ne l’ai pas tué, cher ami, je lui ai juste ouvert les yeux sur ce qu’il a fait. »

Le lendemain, David Yates faisait don à des organisations humanitaires de tous l’argent que lui avait rapporté la série Harry Potter et mettait un terme au tournage du dernier volet. Il partit ensuite vivre en ermite au Guatemala où il n’eut plus aucun contact avec le cinéma.

Une fois revenu dans son monde, Aragorn commença par vérifier que son épée était bien revenue, puis il expliqua à son ami ce que la mixture provoquait chez les gens. L’elfe acquiesça : c’était une belle récompense.

Peter Jackson lui aussi changea de comportement, ses proches ne le reconnurent pas. Il arrêta sa carrière de cinéaste et ses films et devint serrurier, la passion qu’il avait depuis qu’il était tout petit.

Pour un noël c’était déjà un beau bilan, et le  père noël était plutôt content de ses cadeaux à l’humanité. L’année prochaine il s’occuperait de Twilight, l’auteur et le réalisateur.

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Et ta mère Michel, elle a perdu son chat ? (oui c’est nul je sors)

HiHiHouHou, Michel Sardou est un petit plaisantin. C’est un sujet éculé sur la toile mais bon, c’est pas grave je reprends c’est trop drôle pour être ignoré. Figurez-vous que Michel Sardou a sorti un nouvel album (déjà ça commence bien) en reprenant sa bouse son tube : femme des années 80. Sauf que, comme vous l’aviez remarqué les années 80 sont passées depuis à peu près 20 ans, donc maintenant c’est « être une femme en 2010 ». Je pense, j’espère, sincèrement, qu’il ne voulait pas faire une chanson réac’ mais plutôt fraîche et vaguement féministe, mais que malheureusement ce qu’on nous martèle inconsciemment lui a pourri le cerveau et qu’il s’est complètement vautré. Je vous passe le nombre de pintades qui laissent en commentaire du clip sur youtube : « mais je ne vois pas ce qu’il y a de macho, c’est très respectueux de la femme ce qu’il écrit », et je vous soumets céans le magnifique texte (enfin une partie parce que bon) de cette chanson que nous allons étudier ensemble.

Commentaire composé en trois axes, vous avez deux semaines pour rendre vos copies les enfants !

Commençons par le début :

Dans un voyage en absurdie
Que je fais lorsque je m’ennuie,
J’ai imaginé sans complexe
Qu’un matin je changeais de sexe,
Que je vivais l’étrange drame
D’être une femme, D’être une femme.

Alors, alors, passons sur le fait que absurdie = royaume des femmes, je ne suis pas pour le féminisme qui voit de la provocation partout. Donc pif, pouf, voilà notre Michel qui change de sexe, tout cela sans complexe, là je ne vois pas trop le rapport, je pense il a pas trouvé d’autre rime. Et oh miracle, il vit l’étrange drame d’être une femme. Alors non, ce n’est pas un drame, enfin je veux dire, on peut le retourner dans tous les sens, je ne vois pas comment on peut ne pas prendre ce vers comme une insulte. : c’est un drame d’être une femme, c’est tout caca beurk, dommage t’avais une chance sur deux, pourtant y a plein d’autres trucs qui rimaient là pour le coup. Bon repartons pour une autre strophe, puisque pour l’instant c’est les mêmes paroles que l’ancienne version.

Depuis les années 80,
Les femmes sont des hommes à temps plein
Finis les revendications
C’qu’elles ont voulu maintenant elles l’ont
ce sont toutes des femmes accomplies
Sans vraiment besoin d’un mari
Femme capitaine de société
Elles ont d’autres chats à fouetter
de conseils d’administration
de longs diners en réunion
passer en coup de vent chez le coiffeur
se maquiller dans l’ascenceur
elles rentrent épuisées tous les soirs
la télé elles veulent plus la voir
à peine la couv’ d’un magazine
et un cachet qui les assassine

Alors je passe sur le début parce que tout le monde a le droit à un peu de tolérance, même si « sans vraiment besoin d’un mari » me hérisse un peu ainsi que le fait que les revendications ne sont pas vraiment terminées (ou alors j’ai raté un truc : l’écart de salaire non ?). Donc, alors que c’était pas mal parti, on pensait que les femmes pouvaient enfin assumer des « métiers d’homme » (mais qu’on m’explique ce que c’est), on note que ça a des inconvénients. Eh oui ma bonne dame, depuis qu’on travaille, on n’a plus trop le temps d’aller chez le coiffeur, et on est obligée de se maquiller dans l’ascenseur. Ah, le cliché de la femme qui se pomponne dans la salle de bain une heure par jour, c’est un de mes préférés. Mais faut-y qu’on le répète combien de fois ? Toutes les femmes ne se maquillent pas tous les jours ! Je ne me maquille quasiment jamais pour aller bosser (trop la flemme, préfère dormir) et j’en connais plein dans le même cas. Vous me direz : « faut bien mettre quelque chose dans cette chanson » oui bon admettons que vous ayez pas tort, allez va pour ce premier couplet même s’il est d’une originalité proche du record du saut en hauteur des bulots. Deuxième couplet donc :

Quand a l’amour elles n’y pensent plus
Juste un amant qu’elle revoit plus
d’ailleurs c’est un acte manqué
quand leurs portables se mettent à vibrer
pour la nostalgie d’autrefois
faudrait du temps elles n’en ont pas
elles y reviendront évidemment
avec le premier cheveux blanc
quand tant d’années se sont écoulées
ont-elles perdu ce qu’elles ont gagné
Elles étaient femme en 80
et femmes jusqu’au bout des seins
Question salaire ca ne va pas mieux
Celui d’un homme coupé en deux
On les enfume de parité
mais qui promet l’égalité

Une femme ne peut pas faire deux choses à la fois : enfin on brise un cliché. Elles ne peuvent donc pas être amoureuse, penser à l’amour et bosser. Je trouve qu’elles m’ont donc l’air fichtrement connes mais bon. L’acte manqué du portable qui vibre, franchement, après tout le travail qu’on fait actuellement sur la sexualité féminine, pour apprendre aux femmes qu’elles aussi peuvent se branler ce n’est pas sale, qu’elles aussi ont le droit d’aimer le sexe sans être des salopes, ça tombe un peu comme un pavé dans la mare. Ensuite on nous dit, que les femmes étant incapables d’aimer quand elles travaillent elles n’y reviendront que quand elles seront vieilles mais : « ont-elles perdu ce qu’elles ont gagné Elles étaient femme en 80 et femmes jusqu’au bout des seins », autrement dit une fois les cheveux blancs : trop tard elles n’attireront plus personne puisqu’elles seront vieilles, or quand elles seront vieilles elles seront moches, et puisqu’elles sont moches aucun homme ne voudra d’elles, emballé c’est pesé ! Suit une vérité vraie mais exagérée : les femmes gagnent moins que les hommes mais pas à ce point, ceci dit j’avoue que mettre un pourcentage dans une chanson c’est pas top top glamour (ceci dit je trouve qu’il se contredit avec le début : la fin des revendications là, non ?). Je ne commenterai pas les deux derniers vers puisqu’ils ne veulent rien dire, Michel retourne faire de la grammaire à l’école primaire fissa ! Dernière strophe et fin de la grande poilade malheureusement les amis :

Je sais que beaucoup en ont marre
et s’il n’est pas encore trop tard
il suffit de r’trouver l’adresse
du type gaché dans leur jeunesse
un homme gentil qu’elles ont laissé
au bord des occasions manquées
refaire sa vie et pourquoi pas
être une belle à la fois
l’amour d’automne c’est encore mieux
laisser un homme faire ce qu’il veut
et puis s’endormir contre lui
jeter les dossiers aux orties
Se dire qu’au fond ce sont les femmes
Et mon dieu ce n’est pas se plaindre
Femme de n’importe quelles années
Femme pour aimer se faire aimer

Bon, je pense que là se tient le paroxysme de la lutte féministe de Michel, donc attention à bien suivre sa démonstration, très bien ficelée (à part les deux trois derniers vers qui ne veulent pas dire grand chose, LA GRAMMAIRE BORDEL !). Exposé :

1) jusqu’à « occasion manquées » : Les femmes en ont marre de travailler au final, c’est normal puisqu’on vous dit depuis le début, elles ne sont pas adaptées pour ça, elles ont fini par s’en rendre compte ! Donc, qu’à cela ne tienne, puisqu’elles se retrouvent dans une bien mauvaise posture, que faire ? Allez chercher un ancien amoureux, un homme trouvera forcément la solution.

2) jusqu’à « à la fois » : même si cette phrase me paraît obscure (la grammaire est peut être la femme française la plus maltraitée) je pense qu’on peut l’interprêter comme suit : maintenant que tu t’es mise toute seule dans la mouise alors qu’on t’avais prévenue, sois belle et tais toi !

3) jusqu’à « contre lui » : ah, le but avoué étant en fait qu’on laisse les hommes coucher avec n’importe qui sans leur dire que c’est pas super sympa, je me disais aussi. Je ne suis pas une défenseur de la fidélité bec et ongles, donc je dis là dessus pourquoi pas, si madame a aussi le droit d’aller coucher avec Brad Pitt pendant que Michel se fait sa secrétaire (restons dans le cliché).

4) jusqu’à la fin : donc la solution que la femme cherchait auprès de l’homme (mais si c’est le 1)) : arrêter de bosser puisque t’es une femme et que tu es donc là « pour aimer se faire aimer ». En d’autres termes : retourne à ta cuisine ! Non mais.

J’arrête là, mais si vous voulez rire (jaune) encore un bon coup, je vous conseille le clip sur Youtube, composé pour moitié de jeunes filles lascives à moitié nues sur les marches du paradis qui chantent autour de Sardou (sisi c’est vrai). L’autre moitié c’est la fille qui illustre l’histoire, je ne relèverai pas dedans tous les clichés machistes, ça me prendrait des jours et je suis quand même un peu occupée.

Ce clip en tout cas, m’a convaincue, la prochaine fois que quelqu’un me demande si c’est pas trop dur d’être une fille travaillant dans le BTP, je lui réponds :
« Le seul handicap c’est que je ne peux pas soulever un parpaing et te l’exploser sur la gueule parce que c’est trop lourd connard/connasse. »

Après en avoir discuté hier, j’ai décidé de réduire en bouillie la tronche des gens qui me disent aussi :

  1. une femme qui a trop bu c’est pas classe (alors qu’un mec, c’est le top de la subtilité)
  2. les gros mots c’est pas joli dans la bouche du femme (alors que dans celle d’un mec, je ne sais pas, ça fait déco sûrement)
  3. tu peux pas dire je m’en bats les couilles : t’es une femme donc t’en as pas (et toi tu es un con, pourtant tu n’as pas de vagin)
  4. attends laisse je vais ouvrir la bouteille (sisi, je vous assure je sais ouvrir une bouteille, même une de champagne)
  5. alors tu vois au foot, le hors jeu c’est quand… (je regarde le foot depuis que j’ai 10 ans connard)
  6. non mais c’est une référence à un manga tu peux pas comprendre (…)
  7. une femme qui boit de la bière c’est bizarre (je ne sais pas pourquoi, ça, ça reste un mystère)
  8. et travailler avec beaucoup d’hommes c’est pas difficile ? (avec la variante : les hommes au boulot ils sont plutôt protecteurs ?)
  9. et mademoiselle ? t’es trop jolie, reste comme ça, vas-y tu me donnes ton numéro ? (et les dizaines de variantes existantes)
  10. Alors elle c’est vraiment une salope, elle s’est tapé trois mecs cette semaines (suivi de : eh t’as vu Maxime, trop fort le con il s’est tapé trois meufs dans la même soirée, c’est un beau gosse, en plus il s’en rappelle plus mdr)
  11. y a rien de plus beau qu’une femme enceinte
  12. vous les femmes, vous avez quand une sensibilité différente, ça doit venir de la maternité
  13. mais quand t’auras des enfants tu changeras de boulot ?

Cette liste n’est pas exhaustive bien sûr…

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Que d’eau, que d’eau…

« – Non mais là c’est plus possible moi j’ai trop mal je jette l’éponge !
– Vas-y me laisse pas tomber comme ça c’est pas cool !
– Mais je m’en fiche on s’arrête on se pose là et on attend.
– Non je crois l’autre en haut il ne vas pas être d’accord.
– Ecoute Brigitte (oui les danaïdes ont des noms ridicules), on est déjà en enfer, que veux-tu qu’il nous arrive de plus ? »  Brigitte posa sa cruche et s’assit par terre. Elle devait reconnaître que le discours de Cynthia (si si) avait quelque chose de logique. Il ne pouvait pas leur arriver grand chose de pire, et puis de toutes façons, après plus de deux mille ans à essayer de remplir ce fichu tonneau, un peu de changement ne pouvait être que bienvenu.     

    

Brigitte avant les enfers, en tenue de soirée

« Admettons, on va bien voir de toutes façons, dit-elle en s’asseyant en tailleur, n’importe comment ça fait du bien de s’asseoir »

Plusieurs de leur soeurs arrivèrent et leur demandèrent pourquoi elles ne remplissaient pas le tonneau. Après quelques hésitations elles finirent par se mettre d’accord et par répondre : « pour voir ». Finalement, cela semblait être la raison principale de leur motivation, après avoir passé plus de 2000 ans à remplir un tonneau percé on est prêts à tout tenter juste pour voir. Au fur et à mesure, toutes les soeurs arrivaient et elles finirent par être toutes groupées autours du tonneau, assises, sans parler. Elles récupéraient de plus de 2000 ans de travaux forcés.Au bout d’un certain temps, le tonneau fut complètement vide, ce qui n’était pas arrivé depuis le début de leur châtiment. C’est probablement ça qui amena un démon mineur incandescent, Jean-Claude, à se déplacer pour voir ce qu’il se passait. Jean-Claude n’avait pas beaucoup d’ambition, il voulait peut-être à la limite passer démon mineur enflammé, mais c’était tout. Cela permettrait d’acheter du charbon pour faire jouer les petits pensa Jean-Claude en souriant. Lorsqu’il arriva sur le lieu de l’incident cependant, tout sourire s’évanouit de sa figure. Les danaïdes étaient toutes prostrées autour d’un tonneau vide. Jean-Claude tenta de se recomposer une expression de supériorité et s’approcha avec précaution. 

« – Hum hum, mesdemoiselles, que se passe-t-il, vous avez cassé toutes vos cruches ? Je crois que c’est déjà arrivé le siècle dernier, on avait été oblig…
– Non, on en a marre on arrête de remplir le tonneau, le coupa Cynthia.
– Euh, certes, mais euh, c’est pas possible, d’ailleurs ce n’est pas prévu dans la procédure… »Devant l’inexistence de réaction des Danaïdes, Jean-Claude commença à se balancer d’un pied sur l’autre de nervosité. Finalement il déposa son carnet sur un rocher et se dirigea vers une Danaïde. Il la souleva sous les épaules et réussi à la mettre debout tout en ramassant la cruche. Une fois en éuilibre précaire avec la Danaïde telle une poupée de chiffon sur l’épaule, il commença à se dirigr vers la source et s’effondra minablement au bout de trois pas. La danaïde resta où elle était tombée et Jean-Claude se releva tant bien que mal en essayant de la repousser. Il récupéra son carnet et se mit à tourner autour des Danaïdes, aucune solution ne lui venait en tête. Il finit par aller voir celle qui lui avait répondu et, s’approchant doucement, lui mumura : »S’il vous plaît, j’ai besoin que tout se passe bien, sinon je vais avoir des problèmes. Si vous ne le faites pas pour vous faites-le pour moi, hein ? Ce serait gentil, je vous donnerai des cruches moin lourdes »Ayant épuisé son argumentaire (oui Jean-Claude manquait d’imagination), il se décida à aller en référer à sa hiérarchie, ce qui n’augurait rien de bon. 

Il repassa au bureau prendre son scpetre, et se mit en chemin vers le bureau du responsable de secteur qui se trouvait être Angel, un démon majeur explosif. Il y avait déjà plusieurs autres démons qui souhaitait le voir et la succube dominatrice secrétaire prenait les rendez-vous, elle demanda à Jean-Claude qu’elle était l’importance de sa requête. Jean-Claude plaça sa requête en importance haute, en espérant ne pas se tromper, la succube leva un sourcil. Jean-Claude ne voulant pas donner plus de détails un long silence s’installa. La succube finit par lui demander de patienter un quart d’heure d’un ton sec. Lorsque Jean-Claude se trouva face à face avec Angel et qu’il exposa le problème, tout alla très vite, Angel lui reprocha d’être une mauviette et il fut réexpédier dans la basse-fosse à accomplir tous les menus travaux que personne ne voulait faire. Jean-Claude venait de perdre 275 ans d’avancement, mais ça aurait pu être pire, il aurait pu être réduit en cendres.A partir de là c’est Angel qui prit le relais, il alla donc voir les Danaïdes, sans plus de succès que Jean-Claude. Il leur parla, leur cria dessus, les invectiva, les gronda, les menaça d’autres châtiment qu’il estimait être pire (comme faire rouler le caillou de Sysif, il pensait faire une bonne inversion) mais elle ne bougèrent pas. Angel, qui était moins bête tout de même que Jean-Claude, décida qu’il valait mieux laisser la situation en l’état : elles ne faisaient de mal à personne et personne ne s’en apercevrait avant qu’il soit muté et cela deviendrait alors le problème d’un autre. Il avertit juste le successeur de Jean-Claude qu’il ne voulait pas un mot là-dessus sous peine d’être réduit en cendres. Cette technique marcha très bien, et pendant 2 jours la stratégie sembla fonctionner.  

Angel est très content de lui et se fait une séance photo dos au soleil couchant

Jusqu’à ce qu’au troisième jour, une des Danaïdes se mette à se lever, elle fit quelque pas et alla voir une de ses soeurs et commença à lui parler. Sa soeur lui répondit et elles entrèrent en grande conversation. Toutes les autres suivirent bientôt : les Danaïdes émergèrent de leur léthargie, remises de leur effort. Elles pouvaient de nouveau réfléchir. Petit à petit, elles se mirent à reprendre un train de vie normal, comme sur terre, sauf qu’elle n’avait pas besoin de se sustenter ou de dormir. L’enfer, ressemblait énormément à la terre mais avec un climat constant. Comme sur la terre il y avait des plaines, des lacs, des forêts… Les Danaïdes recommencèrent donc à construire une société. Elles allèrent même voir leurs voisins qui eux aussi laissèrent tomber leurs châtiments et ils formèrent une petite communauté.Angel, finit par s’apercevoir que la gangrène s’était propagée. Il décida donc de prendre les choses en main et se dirigea vers l’endroit où la petite communauté s’était installée. Il prit son air le plus terrifiant, bien décidé à faire entendre raison à cette bande de malotrus. Malheureusement, aux enfers, une fois la première terreur passée, les damnés se rendent vite compte que la perte de leur enveloppe charnelle a un grand avantage : ils ne ressentent plus aucune douleur. De plus, étant mort, les menaces physiques ne leur font ni chaud ni froid, c’est d’ailleurs bien pour ça qu’on leur inflige des châtiments psychologiques. Angel se retrouva donc dans la même situation que Jean-Claude. Plus prudent il décida de faire un rapport d’incident B92 et de l’envoyer à son supérieur qui aurait peut être le temps de se calmer avant d’arriver sur place.   

Cela ne fut pas d’une très grande efficacité à vrai dire, Angel fut réduit en cendres dés le lendemain, son supérieur trois jours après. La gangrène se propagea jusqu’à toucher toute la basse-fosse n°28, dont le responsable fut bien obligé d’aller en référer à Lucifer lui-même. Lucifer se déplaça donc sur les lieux et constata que toute la communauté avait recommencé à vivre comme sur terre, redéveloppant le même genre de technologie. Cependant l’ennui était palpable parmi la colonie, les morts n’ayant besoin ni de dormir, ni de manger. Ils n’avaient pas besoin de gagner leur vie car pas de besoins vitaux auxquels subvenir (ils ne pouvaient même pas être maldes). Lucifer eut donc une idée.

« -Laissez-moi quelque jours, nous allons restructurer les enfers et réinventer de nouvelles tortures vous allez voir ! »

Lucifer revint peu de temps après, avec des télévisions qu’il installa dans toutes les basses-fosses. Il installa des caméra dans la basse-fosse n°28 et leur lança un défi : reconstruire la société dans laquelle ils avaient vécu avec les moyens du bord. Les pauvres étaient tellement désoeuvrés et s’ennuyaient tellement, qu’ils acceptèrent sans se poser de questions. Toutes les semaines, on leur donnerait une astuce pour progresser. D’autres améliorations devaient également voir le jour par la suite : créations d’équipes, jeux concours, échanges avec des spectateurs des autres basses-fosses etc…

« – Voilà la vraie torture, obligé de regarder ou de participer à une téléréalité 24h/24 7j/7 ! J’avoue que les hommes ont toujours été plus inventifs que nous sur ce plan là… »

Hmm, faut-il vraiment choisir ?

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Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Brice Hortefeux

Vous n’êtes pas sans savoir que notre très cher ministre Brice Hortefeux vient de nous pondre une magnifique loi (enfin je crois, et j’espère, qu’on en est encore qu’au projet), qui permet de foutre hors de chez nous à coup de pied dans le derrière, tout individu ayant obtenu la nationalité française après sa naissance et ayant tiré sur un agent des forces de l’ordre. Je ne vais pas vous expliquer pourquoi tout cela est stupide, car un odieux connard l’a très bien fait avant moi : http://odieuxconnard.wordpress.com/2010/08/11/au-nom-de-la-loi/. Donc si vous n’êtes pas convaincus que cette loi est particulièrement inepte, ou que vous avez envie de rire un bon coup (jaune certes), allez lire cet article. Pour ma part je voudrais vous parler plutôt de la réaction de nos chers concitoyens (y compris un peu moi) face à cette magnifique loi.

Que constate-t-on : Rien.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je pense que les français ont été pris d’un coup de mou, je ne vois pas d’autre explication. Brice, je vais l’appeler par son prénom ça fera plus cool, qui nous a déjà bassiné avec un certains nombres de conneries ! Le niqab par exemple, le plus bel exemple s’il en est. Comment foutre une merde noire sur un sujet, en déclenchant tout un tas de débats, dont tout le monde se fout, en faisant suer des dizaines d’employés judiciaires et politiques, sur une question qu’il aurait mieux valu laisser en suspens. Quel intérêt de shooter dans la fourmilière quand on a encore les moyens de régler la solution autrement. Je m’interroge, en fait je ne m’interroge pas vraiment, je sais, ça fait des voix pour les élections.

Brice donc, qui s’est fait condamner pour injure raciale, on n’a pas vu un ministre condamné depuis des années il faut le rappeler. La presse s’est d’ailleurs relativement tue à l’annonce de sa condamnation, fallait pas non plus en faire tout un flan, l’évènement n’était pas assez important. Britney Spears se coupe les cheveux ça fait le tour de la planète en 2h et 28 min, mais un ministre de l’immigration condamné pour injure raciale, non ce n’est pas assez sensationnel, vous comprenez.

Oh le beau poupon

Bref, comme si tout cela ne suffisait pas à la brillante carrière de Brice, et vous noterez que j’ai oublié plein de choses, il vient en rajouter une petite couche avec cette magnifique loi d’une injustice et d’un racisme qui ne semble choquer personne. C’est vrai après tout, pourquoi n’alourdit-on pas la peine de tous les français ? En quoi le fait d’être né français nous affranchirai-il de certains devoirs ou respect ? Pourquoi devrions nous moins à notre patrie qu’un immigré ? Bref tout cela est très obscur…

Et que constate-t-on alors suite à cette nouvelle sortie ? Rien. Le peuple français se tait, voir même approuve, il me semble que la côte de popularité de notre ami Brice a encore monté. Pas une protestation, pas une grève (et pourtant que nos concitoyens en sont friands il faut le reconnaître). Non vraiment le destin du voisin basané on s’en fout, je dirais même plus on s’en branle grave. Et là, déjà bon c’est pas top je dois reconnaître. Mais alors qu’en plus, on nous assène, on nous bassine et on nous fasse subir une grève un mois plus tard, en nous expliquant que la retraite à 60 ans pour tous c’est primordial : là je dis non ! Comment peut-on en arriver là : raccompagner un Rom avec 300 euros à la frontière, enlever la nationalité française à Rachid et pas à Jean-Pierre partenaires de casse oui, mais travailler jusqu’à 62 ans au lieu de 60 ans non ! On se fout de qui ? Je vous le demande. Comment peut-on à ce point être aussi déconnecté des réalités ? Je m’interroge.

A propos de Brice j’ai voulu en savoir plus, je suis donc allée voir sur wikipedia où il a une page (il en a aussi une en tchèque, en allemand, en anglais, en espéranto, en espagnol, en indonésien, en italien, en japonais, en polonais, en portugais et en roumain ; je ne sais pas il fait des émules peut-être). On apprend beaucoup de choses sur wikipedia, notamment qu’il est considéré comme un « fidèle lieutenant » de Sarkozy dont il est pote depuis 1976 (une époque où l’on ne disait sûrement pas pote). Il n’a toujours fréquenté que des électorats bien de droite : maire de Neuilly, chargé de mission auprès du président du sénat et chef du cabinet de Sarkozy. Ah oui la bonne blague, j’avais oublié (faut dire il a une telle carrière) que c’est lui qui avait fixé les objectifs chiffrés en matière d’expulsions et de reconduites à la frontière : 25 000 en 2007, 26 000 en 2008 et 28 000 en 2010. Eh oui, ça avait fait un peut tâche à l’époque mais comme on ne s’en est pas préoccupé plus que ça on constate que ça a bien avancé. Cependant il n’a atteint « que » la moitié de ces objectifs.

Que peut-on dire de plus sur Brice… En 2007 il déclare : « La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir », soit, prenons les infirmières et les ouvriers bancheurs, laissons les handicapés physiques sans qualification qui ne feraient que nous ralentir. Fin novembre 2007, il soulève une polémique en sous-entendant, lors de l’émission Capital sur M6, que les sans-papiers n’étaient pas des « citoyens honnêtes, propres », bah oui leur baignoire est encombrée par des moutons égorgés c’est bien connue, c’est Mireille la concierge du 5 avenue de Suffren qui l’a dit. Lors de l’émission Le Grand Journal du 24 février 2009, Brice Hortefeux a déclaré « Je suis compatriote béninois » en exhibant un passeport diplomatique, moui, je me demande si les spectateurs se sont senti insultés à ce moment là. D’ailleurs, je fais là une parenthèse qui n’a rien à voir avec Brice quoique, mon patron a un jour trouvé qu’il était de bon ton de répondre à quelqu’un qui lui disait que son fils allait ouvrir un bar à tapas : « je préfère qu’il ouvre un bar à tapas plutôt qu’un bar à tapette ». Zut j’avais perdu mon second degré ce jour là, je n’ai pas réussi à rire. En 2009, après un an à l’intérieur, il se félicite de la subvention de 6 100 nouvelles caméras sur les six premiers mois de 2010, soit, je ne suis pas contre les caméras de surveillance mais peut-on vraiment « s’en réjouir ».

Là je marque une pause, car je pense qu’on arrive au sommet de la carrière de Brice et de notre déprimante léthargie, qui devrait faire rougir les syndicalistes qui battent les pavés pour leur retraite (mon dieu, DEUX ANS de plus dans un bureau, mais t’es un guedin !). Lors de l’université d’été de l’UMP, Brice va faire LA blague qui lui aurait probablement valu le grand prix du rire de la NSDAP, des croisés et de Constantin. Il est alors aux côtés d’un jeune militant maghrébin (oui déjà moi je trouve que dans cette phrase il y a un problème), qu’une militante UMP présente comme étant leur « petit arabe » (eux aussi ont des quotas comme dans les films américains, je ne sais pas si en cas de révolution ce sont les premiers tués mais bon), qui boit de la bière et mange du porc (non c’est vrai ? tous les maghrébins ne sont pas musulmans ? tous les musulmans ne suivent pas leurs interdictions alimentaires ? quelle révélation), oui tout cela est un peu triste, un peu éculé, mais que voulez-vous c’est l’université d’été : ils avaient un peu bu. Fort donc de cette présentation, Brice se lance dans un début de carrière comique et sort: « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». Oui forcément, ça fait un peu tache pour un ministre de l’intégration. Et donc, une association porte plainte, il est condamné à : « 750 euros d’amende pour injures à caractère raciste, 2 000 euros de dommages et intérêts et à publier le jugement dans un journal, compte tenu de « l’effet délétère sur le lien social d’un tel propos, quand il est tenu par un responsable de si haut niveau ». Il fait appel. Je ne sais pas où en est le suite du procès.

En revanche, j’ai trouvé une interview de son avocat. Comment défend-il son client. Tout d’abord il décrédibilise les preuves : « La fameuse vidéo, n’est pas suffisamment fiable, ni précise. En matière de son, notamment. Les mots « bière » et « porc » sont très peu audibles. Brice Hortefeux assure d’ailleurs ne pas les avoir entendus. » Héhéhé, j’ai ri pendant 5 minutes, il faudra que je vois cette vidéo au passage. Une question subsiste, si Brice n’a pas entendu les mots « bière » et « porc » alors comment a-t-il compris cette phrase ? Ce sont quand même les deux mots clés, ou alors les ministres répondent toujours au pif, ça les fatigue d’écouter donc ils casent un truc en espérant que ça corresponde. On notera que sur ce coup là Brice a eu de la chance, parce qu’il n’y a pas beaucoup d’autres phrases avec lesquelles sa réponse aurait collé. La suite de l’interview est tout aussi succulente, l’avocat déclare : « les propos pour lesquels il est poursuivi ont été tenus dans une atmosphère festive où, c’est vrai, les astuces ne volent pas très haut », tu m’étonnes, « C’est une réflexion générale qui peut être applicable à n’importe qui: aux enfants, aux supporters du PSG », ou aux militants de l’UMP, « Et puis, qui n’a jamais plaisanté amicalement avec des copains arabes ou noirs ? » Warf, warf, c’est vrai, moi-même je fais des blagues racistes, mais dans mon salon, avec des amis que je connais, et dont je connais les difficultés en tant qu’immigré (et sinon je veux bien qu’on me présente des « copains » noirs et arabes d’Hortefeux). C’est marrant,  c’est là que l’argument : « le ministre est comme monsieur tout le monde » se révèle être d’une grande aide. Mais alors le clou, c’est quand même la dernière phrase de notre cher avocat, je pense qu’il a dû répéter plusieurs fois devant la glace pour réussi à la dire sans exploser de rire : « Enfin, pour qu’il y ait injure raciale, il faut que la personne qui s’exprime soit d’intention raciste. Ce n’est pas le cas de M. Hortefeux. » Je vous conseille l’article en entier, c’est court mais efficace, surtout si vous êtes en pleine déprime : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/brice-hortefeux-n-assistera-pas-a-son-proces_885392.html.

 Bon, et il ne démissionne pas, et d’ailleurs tout le monde s’en fout. Je me demande bien ce qu’il faut pour qu’un ministre démissionne. Tant pis, ce gouvernement coule de jour en jour de toutes façons, et il faut reconnaître qu’il le fait avec panache, le capitaine ne quittera pas son navire. Oublions donc ces moments d’égarement et de faiblesse, un jour nous en serons délivrés, j’espère que notre inaction ne nous coûtera pas plus que la journée de salaire que nous aurait coûté une action nationale et responsable.

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On va quand même pas aider la Grèce alors qu’on a déjà plein de problèmes chez nous !

Ainsi parla Jérémie Toussaint, consultant en marketing, en prenant son café à trois euros trente avec ses collègues place de l’opéra (à phrase clichée, cliché et demi). Ce que ce brave monsieur ne savait pas, c’est que c’est à peu près le même raisonnement, pour ne pas dire le même, qu’ont tenu Chamberlain et Daladier en signant les accords de Munich en 1938. Et par là même, ils ont raté une bonne occasion d’empêcher la seconde guerre mondiale, c’est pas de bol. Dans un magnifique enchaînement qui n’était pas prévu, je vais donc aujourd’hui vous parler d’un livre qui traite d’un des plus hauts faits de la résistance : HHhH de Laurent Binet. Oui encore un livre sur le sujet, mais celui-ci est différent.

Que l'éditeur qui a décidé de cette couleur, voit sa bmw changée en citrouille jaune fluo.

Alors en quoi est-il différent (à part qu’il manque vous rendre aveugle avant même de l’ouvrir) ? Eh bien parce qu’il ne prétend pas raconter une histoire, ni même reconter l’Histoire, mais raconter un évènement particulier qui s’est déroulé pendant la seconde guerre mondiale parce qu’il hante l’auteur depuis des années. C’est aussi une réflexion sur la difficulté d’écrire un roman historique. L’auteur se pose des questions, tout au long de sa recherche documentaire (qui fait franchement flipper tellement elle est volumineuse et acharnée). Faut-il inventer pour raconter ? Les faits et les anecdotes vérifiées, quand ils sont assez nombreux, ne suffisent-ils pas. Faut-il mettre en scène les évènements, et violer ainsi la Vérité. Une réflexion personnele que l’auteur nous livre.

Cet exercice de style permet une construction en douceur du roman, si au début on parle plus de l’auteur et de sa rechrche, à la fin on parlera plus de l’action des deux résistants. De même, cela permet de camper le décor et les personnages, sans passer par une description un peu longuette. On peut en apprendre plein sur Heydrich (le méchant, d’ailleurs il a une tête et un nom de nazi), sans que ce soit rébarbatif : l’auteur nous raconter son voyage, ses lectures, ce qu’il pense de tel ou tel truc. C’est très agréable, on se laisse prendre à l’histoire alors que ce n’est qu’une description.

Et enfin, ce style permet également de camper trois héros (dont un couple), au lieu d’un, sur un vrai pied d’égalité. L’auteur est forcément un des héros dans le sens où il nous fait partager ses recherches, ses doutes, et finalement toute l’aventure que constitue l’acte d’écrire. Heydrich, est aussi un héros puisqu’il occupe une place de choix dans la rédaction de ce livre. Je pense que pour comprendre un nazi de cette envergure, l’homme le plus craint du IIIème Reich, excusez moi de vous demander pardon, il faut un bon nombre de pages. Difficile de se figurer un telle froideur, un tel détachement, difficile de se figurer qu’on ait pu envisager l’extermination de tout un peuple, d’assister à la fusillade d’enfants, de bébés, sans sourciller. D’ailleurs, sur ce point je recommande ce livre, on sait tous que le régime nazi était affreux, mais ça reste lointain, ça reste quelque chose qu’on a appris, sans vraiment se figurer ce que ça implique. Certaines descriptions de massacre, de raisonnement de Heydrich ou juste de ses manigances pour faire accuser telle ou telle personne, relève tellement de la folie, voir de la folie collective, qu’on ne se sent plus si à l’abri que ça dans notre XXIème siècle. D’ailleurs si vous voulez une illustration de ce dont je parle, tapez Babi Yar dans wikipedia. Louis Binet raconte bien, de façon très documentée qui ne rend le fait que plus réel, et grâce à ça on approche d’Heydrich. On prend presque le petit déjeuner avec lui, on va au travail (dans son chateau) avec lui. On a même envie d’entrer dans cette salle de réunion et de dire à Hachà de ne pas signer.

Hein qu'il ferait un beau gendre.

Inutile, et c’est d’ailleurs ce qui est toujours frustrant dans un récit historique, on peut encore moins changer la fin que dans un récit fictif. Pire, on sait à l’avance ce qui va arriver, il n’y a rien à faire. Mais je n’ai pas parler de nos derniers héros, qui sont probablement la bouffée d’air frais de ce livre. Jozef Gabcik et Jan Kubis, les deux parachutistes, envoyés par le gouvernement exilé de tchécoslovaquie, aidé par Londres, qui ont pour mission d’assassiner Heydrich. Une mission suicidaire, sans moyens, sans vrais préparatifs (du moins rien de plus qu’un entraînement), sans vrai espoir de réussite. Bref, on se croirait dans James Bond. Une histoire fictive qui se prend pour la réalité. Et pourtant c’est bien vrai, on a bien parachuté deux hommes, un peu n’importe où, sans vraiment savoir ce qu’ils allaient devenir, avec presqu’aucun contact. Et pourtant, malgré tout ça ils vont réussir. Malgré aussi le sort qui se retournera contre eux le jour J, ils vont abattre la bête blonde (ce qui est un grand soulagement, même pour nous, j’avais un peu peu de voir Heydrich débarquer dans mon salon). Bref, moi qui trouve toujours que les scénario d’Hollywood (ou de MacGyver) sont tiré par les cheveux, finalement pas tant que ça.

Bref, lisez ce livre c’est un ordre, moi j’ai réussi à le lire en une journée (ce qui n’a pas avancé mon rapport de stage), dites ce que vous en pensez, mais par pitié ne me retournez pas la critique négative que j’ai le plus lu sur internet :

« mais c’est un sale gaucho ce qui est agaçant, et en plus il dit que le sport est une belle saloperie fachiste ce qui est ridicule »

En effet analysons cette critique si vous le voulez bien :
– mais c’est un gaucho : ben il a le droit
– et c’est agaçant : il a quand même le droit de donner son avis dans SON livre, si vous n’êtes pas d’accord ben tant pis ce ne sera pas la première fois que vous n’êtes pas d’accord avec un livre.
-le sport c’est une saloperie fachiste : personnellement on m’a forcé à courir 40 minutes par semaines pendant trois mois au collège ce que je d’étestais et qui ne m’a, mais alors rien apporté, alors je suis assez d’accord.
– et c’est ridicule : euh je crois que c’était du second degré, comme ma réplique précédente.

Sur ce, je vous laisse, et Heil Hitler.

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Si les indiens avaient vu Avatar… (les nuls ils avaient même pas la télé)

Lorsque Christophe Colomb débarqua en Amérique, ce fut un massacre. Beaucoup d’indiens furent tués ou torturés sans qu’on se pose jamais de question. Christophe Colomb les avait jugés comme inférieurs puisqu’ils ne parlaient pas, ne s’habillaient pas, ne craignaient rien et n’avaient pas d’arme (en plus ils n’avaient pas d’Iphone 4, je soupçonne que c’est ce qui a fait pencher la balance). Il décida donc, avec d’autres conquistadors, qu’ils pouvaient constituer de la main d’œuvre facile et gratuite et en firent des esclaves, les tuant à la tâche.

Bref ils colonisaient dans la joie et la bonne humeur en organisant des feux de camp et en jouant à colin-maillard avec les indiennes. Tout ça jusqu’à ce qu’un mec (enfin deux plutôt parce qu’il y a aussi eu Montesinos) se décide à ouvrir sa gueule. Un ecclésiastique qui manquait un peu de second degré et qui trouvait qu’on ne devait pas traiter les gens comme ça, quel rabat-joie je vous jure, j’ai nommé Las Casas. S’en suivirent débat, pourparlers, crêpage de chignon, intervention du pape (qui a quand même déclaré que les indiens étaient des humains, si je vous jure) et donc là ils se sont dit que oui bon, tout ça c’était pas très sympa. En conséquence de quoi on a réduit le temps de travail des indiens à 12h par jour et on les a autoriser à boire un bol d’eau de la rivière à midi.

Finalement, je suis assez fascinée par la capacité de l’espèce humaine à haïr ses semblables. Quelque chose de purement humain pour une fois. L’extermination des amérindiens en est une bonne illustration même si elle est loin d’être la seule. Vous me direz pourquoi vous parlé-je de ça ? Eh bien parce que j’ai lu ça :

Et en plus c'est publié chez Fayard !

Et ça, c’est un livre d’Orsenna que j’adule, qui romance la naissance du projet de Colomb vu par les yeux de son frère Bartolomée. Ce qui est bien avec ce livre c’est qu’on fait du vrai avec du faux et vice versa. C’est à dire, pour ceux qui ne suivraient pas, qu’Orsenna a pris des faits réels, s’est documenté sur le sujet, et a écrit ce qu’auraient pu être les confessions intimes (HaHa) du frère de Christophe Colomb. Du coup on a l’impression de lire un documentaire qui comporterait une intrigue captivante et des personnages intéressants. C’est très agréable, c’est frais, c’est captivant, c’est intéressant et c’est très bien écrit, que dire de plus ?

On peut dire de plus que ce livre va révolutionner votre vision de cette période et de cette découverte si vous êtes aussi ignares que moi. Personnellement je ne connaissait de Christophe Colomb que ce que j’avais appris à l’école c’est à dire :
 » C’est un monsieur portugais du XVème siècle, qui a découvert l’Amérique en 1492 avec l’aide du roi espagnol (pourquoi donc puisqu’il était portugais ?) avec trois bateaux aux noms inretenables. Il s’est battu contre l’obscurantisme de l’église et voulait en premier lieu prouver que la terre était ronde en arrivant aux Indes par l’ouest. Il s’est battu contre tous pour démontrer la vérité. »

Et bien que nenni, pas du tout, faux, ne parle pas dans ma direction. Tout cela est une fable à dormir debout à se demander pourquoi elle est toujours enseigner par l’éducation nationale (en tout cas elle l’était de mon temps). Eh oh Luc Chatel : au lieu de faire des conneries genre supprimer les IUFM, mets le nez dans tes programmes (oui je sais c’est facile).

Donc en fait pour rétablir la vérité :
1) Personne au XVème siècle ne pensait que la terre était plate, et ça les aurait autant fait rire que nous qu’on leur sorte cette théorie à la noix. C’est Erathostène qui a découvert la rotondité de la terre au IIIème siècle avant JC. Il l’a découvert grâce aux différents angles d’incidence des rayons du soleil selon la latitude. Ces calculs avaient été retrouvés au moyen âge et étaient connus depuis longtemps. Mais, me direz-vous, dans ce cas que cherchait Christophe Colomb : eh bien une nouvelle route vers les Indes parce que par la terre c’était pas pratique, les européens s’étaient fâchés avec certains des pays à traverser pour une sombre histoire de vol d’âne par la tante du grand oncle à la petite-fille par second mariage du sultan d’une région riche en oliviers. Du coup cela devenait très intéressant économiquement de trouver une nouvelle voie par mer (les européens ont d’ailleurs aussi essayer de faire le tour de l’Afrique).

Et pourquoi pas ?

2) Pourquoi était-il soutenu par le gouvernement espagnol et non portugais ? Eh ben parce que plusieurs gouvernements (portugais, mais aussi français et anglais), lui ont dit que son projet c’était de la folie et ne voulaient pas le subventionner. Mais pourquoi, puisqu’ils savaient que la terre était ronde me direz-vous ? (Je trouve que vous posez vachement de questions, vous deviez être les relous du premier rang en classe.) Et bah parce qu’en fait, si on savait que la terre était ronde on ne connaissait ni son diamètre, ni sa circonférence ni quoi que ce soit qui aurait permis de calculé la distance par la mer du Portugal aux Indes de manière fiable. On restait dans des approximations. Or, Christophe Colomb qui était un peu fou, avait tout approximé au plus avantageux dans ses calculs et plaçait les Indes à peu près au niveau des Antilles (c’est vous dire à quel point il s’est gouré). Donc tous les mathématiciens de l’époque qui conseillaient les rois, leur ont dit que ce projet était de la folie et Christophe Colomb s’est fait rembarré des cours du Portugal, de France, d’Angleterre et même d’Espagne où il a été rappelé au dernier moment.

3)  Christophe Colomb n’avaient donc pas raison contre tous mais tort contre tous. En effet, s’il n’avait pas eu le magistral coup de bol que l’Amérique se situe là où il prévoyait de trouver les Indes ils auraient tous crevé de soif et de faim. Les mathématiciens avaient pour la plupart raison : ses approximations étaient totalement fausses, les Indes étaient beaucoup plus loin. Le plus ironique dans tout ça, c’est que Christophe Colomb est présenté comme un grand découvreur et un héros de la science, alors qu’il s’est magistralement vautré dans ses calculs et qu’il est à l’origine d’un des plus grand et des plus terrible génocides ayant jamais existé : FAIL. Je ne sais pas vous mais moi ça me fout un coup quand même, je ne sais pas quelle est la proportion d’ignares comme moi qui avaient une vision du mythe aussi faussée, mais ce serait intéressant à savoir. Et dernière vengeance de l’histoire : Christophe Colomb est mort quelques années seulement avant qu’on découvre que le continent sur lequel il avait posé le pied n’était pas l’Asie, il ne saura donc jamais la vérité, qui est une maîtresse bien capricieuse…

En conclusion : lisez ce livre où il est aussi beaucoup question de ce qu’est la vérité et du prix qu’on est prêt à payer pour l’obtenir, mais aussi de Lisbonne, de la religion, des bateaux et des cartes, et où on apprend pleins de choses en s’amusant (quoi ça fait slogan de playmobil ?). Et franchement, si les amérindiens avaient vus Avatar, en 3D ou non, ils ne seraient pas tous exterminés mais ils vivraient au pays des bisounours en accord avec la nature.

PS : Pour ceux qui dirait : et Galilée alors ? Il est pourtant arrivé après Colomb et a été condamné parce qu’il disait que la terre était ronde ? Eh bien que nenni derechef. Galilée n’a pas du tout dit que la terre était ronde puisqu’on le savait déjà. Il a soutenu la thèse selon laquelle la terre tournait autour du soleil et non l’inverse, théorie d’abord énoncée par Copernic. Et finalement ce qui a motivé l’église à le condamner pour ça (puisqu’elle n’a pas condamné tous les gens qui soutenait cette théorie bien qu’allant contre les saintes écritures) c’est qu’il s’est un peu buté et a continué à marteler cette théorie alors qu’il n’avait pas de preuve tangible, et que dans ces conditions l’église avait demandé que l’on présente les deux théories sur un pied d’égalité.

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